Dé-testés

 

Pourquoi des têtes, toujours des têtes ?
« La tête des choses. » (Claude Simon in Orion Aveugle)
Le visage d’un sexe, d’un pied, d’une main, d’un genou…
Le tête d’un mort qui vous revient.
Cette meule de foin qui vous regarde.

C’est parce que les choses viennent à notre rencontre en opinant du chef.
Le principe de toute divination se réduit au couple hasard-nécessité. Assemblage de points épars, nous y discernons une Gestalt, une forme, nous devinons un sens caché. Pourquoi les anciens ont-il tracé les contours de leurs dieux avec les étoiles ? Pourquoi ont-ils vu dans des amas lumineux des figures ? C’est que les choses elles-même viennent nous saluer. À nous d’y répondre.

À qui sait saisir leurs palabres, les choses sont bien bavardes.
Mes figures à moi son muettes. Plus que de simples relais — ni transfuge, ni prétexte, ni prélude à un message, ni commentaire —, mes figures je les habite, je les bâtis.
Au-delà de la pensée pensée, il y a ce qui « donne à penser ».
Il y a cet obscur os à ronger, il y a cette chair rafistolée.
Et la figure humaine ? Qu’est-ce que j’ai bredouillé déjà… Ah oui ! eh bien, c’est un archétype qui me vient sous les doigts… euh… avec lequel j’essaie de me débattre… (à moi-même : « tout le monde n’a pas un mélange d’abstracto-minimalo- mollusco-fascisme dans le sang… désolé ! »).
Ce sont les figures de personne, c’est ça qui est dur à imaginer… ce sont leurs propres figures, ni les miennes ni celles des autres mais les leurs. Elles, elles viennent toutes seules : c’est ça qui est dur à entendre!