Expo collective « Réparation(s) », Chapelle Mgr Fabre à Roquevaire

Nuke Kit = Tikkun (aka Reverse Repair), béton, plâtre, résine, marbre serpentine, tuile, métal, bois, filasse, cire et 18 caisses en plastique, 2018

Texte écrit pour le catalogue de l’exposition :

Dans un texte, Freud compare sa méthode, qu’il nomme encore cathartique, à la sculpture disant qu’elle procède per via di levare — en enlevant de la matière.
Tandis que la technique par suggestion, qu’il critique, procéderait comme la peinture, per via di porre, en ajoutant. Elle manquerait d’affronter les causes réelles, et ne ferait qu’appliquer une couche, une distance supplémentaire entre le malade et sa maladie apportant un sentiment de bien-être temporaire.
Même si j’utilise très peu la taille directe, à laquelle Freud fait référence, je fais mienne cette idée d’affronter une certaine résistance dans un processus d’excavation.

Réparer c’est soustraire. Je n’ai pas de grand dessein de soigner le monde. Je me constitue des êtres plastiques que je remets sur pieds parfois ; qui restent cachés pour la plupart dans un purgatoire de la création. J’en supprime, j’en amoche, j’en conserve d’autres, pour des raisons qui me sont obscures : je rentre dans un travail d’archéologie personnelle.

Éléments de communication de l’exposition :

L’exposition « réparation(s) qui aura lieu à la salle Monseigneur Fabre et dans la galerie Le Cinéma Repaire Artistique du 26 novembre au 2 décembre 2018, s’appuie sur une citation de Kader Attia «  Il s’agit de réfléchir ensemble à l’immense pouvoir de l’art dans un processus réparateur des faiblesses de ce monde ».
« Comment réparer nos vies ? Comment réparer le monde ? »

31 artistes contemporains, de toutes disciplines et de tous horizons se sont penchés sur le vaste thème de la réparation. Le résultat est un éventail éblouissant d’univers sensibles et singuliers, d’œuvres oscillant entre dérision et mélancolie, ombre et lumière, lucidité et tendresse envers le genre humain. »

L’association « L’Art dans tous ses états, brut, singulier et autres », constituée d’un comité artistique a sélectionné cette année, 13 sculpteurs et 18 peintres, de renommée nationale et internationale (Syrien, Allemand, Cubain, Japonais, Italien… ) dont un Roquevairois.

Partie de l’idée des membres fantômes des personnes handicapées et d’une phrase de Kader Attia, lors d’une exposition au Palais de Tokyo à Paris « il s’agit de réfléchir ensemble à l’immense pouvoir de l’Art dans un processus réparateur des faiblesses de ce monde », l’exposition invite le spectateur à s’interroger, à réfléchir à la fonction de l’Art dans un processus de reconstruction, qu’il s’agisse de la dénonciation d’une dictature, de réconciliation avec soi-même malgré les blessures de la vie, de la résilience pour dominer une blessure psychique ou physique, d’une thérapie pour réparer une souffrance, du rêve d’un possible mais pas irréaliste retour en arrière pour ne pas oublier, pour lutter contre la folie des hommes, contre la haine… Réparer pour exister enfin !

Chaque artiste avec sa sensibilité, va donner sa propre définition et représentation de la reconstruction avec des techniques différentes (peintures, sculptures, textiles, collages, dessins, céramiques…).

Aconcha, Anke Paula, Bayginot Rodia, Cadoré Delphine, Cayrol Dani, Chatterjee Sourav, Chomette Virginie, Dawwa Khaled, Desroches Jean-Michel, Durand Michèle, Fouéré Maryvonne, Garam Frank, Glize Christian, Grundeler Florence, Hammadi Rodolphe, Ladame Sylvie, Lambert Thierry, Louvel-Paoli Myriam, Marty Laetitia, Minedi Gabi, Mineleta, Ordioni Claire et Philippe, Petitprez Raphaël, Pruneau Marion, Sassatelli Céline, Sosa Miguel, Tabary Benoît, Vallauri Pierre, Wohlfahrt Michel, Xaxa Odile.

Au total, 130 œuvres seront présentées dans les 2 lieux d’exposition.

Ouvert tous les jours de 10h à 12h et de 15h à 19h / Vernissage le lundi 26 novembre à 18h au Cinéma Repaire Artistique (18 rue Rolland) et à 18h30 salle Monseigneur Fabre (34 avenue des Alliés).