Démarche générale

Dans ma pratique du volume, de l’installation, et lorsque je conçois une exposition, je veux donner forme à ce que j’appelle une intrigue spatiale.

Les sculptures que je construis sont alors les protagonistes d’un théâtre muet ; elles habitent un lieu où se passe un drame, d’avant le langage.

Le spectacle est un espace suspendu entre la mort et la vie, un espace sacré au sens d’un théâtre de la cruauté, d’un réel absolu ; c’est pour cela qu’il n’y a de spectacle vivant, à proprement parler, mais mort-vivant. La bipédie, chez l’être humain, est déjà représentation et suspension.

Il existe un théâtre d’avant le rite. L’intérêt que je porte aux rites a pour but d’entrevoir les expériences humaines, les expressions artistiques parfois, qui les précèdent.

Mes lectures ne prennent sens, pour moi, que si elles me permettent un retour réflexif sur des expériences que j’ai vécu, et d’avoir des outils de préhension conceptuelle sur ce que je produis.

Relier différents profils, cette définition de la sculpture me permet de l’entendre en un sens élargi, protéiforme, d’utiliser toutes sortes de techniques traditionnels de manière libre, et de puiser dans des sources qui viennent aussi bien du cinéma, de la littérature ou de la culture populaire que des arts plastiques.

Les notions de montage, de construction, de relevé, de tracé, d’empreinte, de captation d’informations et de leur mise en perspective dans le but de produire des formes nouvelles, des espaces autonomes sont alors au cœur de mon processus plastique.